Publié le 18 mars 2022 Modifié le 29 juin 2022

Edito de Nadine ALLEMAND

Les émissions de polluants et de gaz à effet de serre (GES) des plateformes aéroportuaires se partagent entre émissions des aéronefs avec les émissions du cycle LTO (Landing and Take-Off), des moteurs auxiliaires de puissance (APU), des véhicules et des engins de piste, des centrales thermiques et d’autres sources encore. La part relative de ces sources dépend des plateformes et des polluants.

La réduction des émissions de polluants et de GES est essentielle sur ces plateformes aéroportuaires. Toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour réduire de manière très significative les émissions atmosphériques au sol dans un très proche avenir.

Les possibilités de réduction des émissions sont connues et bien identifiées. Le rapport de l’ACNUSA « Rapport sur la gestion de la qualité de l’air sur et autour des plateformes aéroportuaires de 2020 » en dresse un inventaire.

Les industriels proposent des solutions décarbonées par tous les véhicules et engins de piste. Les techniques moteur et les pratiques permettant de rendre le cycle LTO des aéronefs moins émissifs sont disponibles.

Les moyens de substitution à l’utilisation des moteurs auxiliaires de puissance lorsque les aéronefs sont en escale existent et équipent d’ores et déjà de nombreux aéroports, notamment en Asie et en Europe du Nord. En France, la situation reste à améliorer comme en témoigne le nombre d’infraction que l’ACNUSA est amenée à examiner. La réglementation européenne donne 5 ans aux aéroports du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) (ci-dessous) pour équiper tous les postes avions au contact des terminaux (huit ans pour les postes au large). Un arrêté ministériel est en préparation pour rendre obligatoire l’usage par les compagnies aériennes (y compris d’aviation d’affaires) des moyens de substitution.

Les prochaines années devraient donc permettre une réduction significative des émissions atmosphériques lors des opérations au sol. Les sociétés aéroportuaires, les assistants d’escales et les compagnies aériennes ont tout intérêt à s’entendre localement, sur chaque aéroport, pour mettre en place une programmation rationnelle des investissements de transition écologique nécessaires. Ces derniers permettront des économies directes pour les opérateurs et réduiront les externalités négatives des activités aéroportuaires (impact sur la santé, l’environnement et le climat). Les salariés travaillant sur les tarmacs au service des aéronefs et les passagers sont, bien sûr, les principaux intéressés. Les populations riveraines sont également concernées par la réduction de ces émissions.

Un dialogue local constructif entre toutes les parties prenantes est nécessaire pour faire en sorte que les émissions au sol des aéroports français soient fortement réduites dans les meilleurs délais. L’enjeu est important pour la qualité de l’air dans les agglomérations concernées, le lien entre exposition aux particules fines et mortalité prématurée ayant été démontré et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommandant en 2021 de nouvelles valeurs guides pour les PM2,5 et le NO2 notamment, largement inférieures aux précédentes datant de 2005. Ce dialogue doit contribuer à la confiance des populations dans notre capacité collective à réduire les émissions qui portent atteinte à la santé, à l’environnement et au climat.

Carte des aéroports français appartenant au réseau transeuropéen de transport :

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Liste des aéroports d’outre-mer appartenant à ce réseau :

  • Aéroport Guadeloupe - Pôle Caraïbes
  • Aéroport international de Cayenne-Félix-Éboué
  • Aéroport international de Martinique-Aimé-Césaire
  • Aéroport international de Dzaoudzi-Pamandzi
  • Aéroport international de Tahiti-Faaa
  • Aéroport de La Réunion-Roland-Garros
  • Aéroport de Saint-Pierre Pointe-Blanche