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Billet d'humeur d'Agnès Brion Ducoux

Sur proposition de la ministre des affaires sociales et de la santé, le Conseil des ministres du 16 juin 2016 a désigné Madame Agnès Brion Ducoux, médecin psychiatre, spécialiste des troubles du sommeil, ancienne vice-présidente de l'Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV), en tant que personnalité compétente en santé humaine.

 

La crise sanitaire due à la pandémie mondiale de la COVID-19 que nous vivons depuis plusieurs mois a mis au premier plan la place essentielle de la santé dans notre société. Dans l’urgence et presque partout dans le monde, les gouvernements ont donné la priorité au sanitaire ; en tant que médecin, je ne peux que m’en réjouir !

Cette pandémie nous oblige à une réflexion sur nos modes de vie et notre responsabilité environnementale : elle est mondiale, mais n’est certes pas la première. Les épidémies se sont répandues à travers le monde depuis des siècles, bien avant les temps modernes : les différentes pestes en provenance d’Asie déjà, le choléra, la variole etc. ont fortement marqué notre monde. Les bouleversements environnementaux entrainés par l’augmentation de la population humaine et sa circulation dans des territoires toujours plus étendus ont un impact important sur la nature et ont favorisé si ce n’est déclenché des pandémies. Aujourd’hui la différence majeure est sans doute l’extrême rapidité de la propagation de la maladie et sur ce point le transport aérien joue un rôle de vecteur et d’accélérateur que nous ne pouvons ignorer.

La santé que nous considérons comme l’un des biens les plus précieux n’est pas une entité à part ou relevant du seul individu et de ses prédispositions génétiques ; elle est étroitement connectée à un environnement lui-même en évolution constante dans nos pays industrialisés. La création d’environnements favorables à la santé et à la qualité de vie est une préconisation déjà ancienne. La première Conférence  internationale pour la promotion de la santé sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avait retenu comme action majeure[1] « l’évaluation systématique des effets sur la santé d’un environnement en évolution rapide notamment dans les domaines de la technologie, du travail, de l’énergie et de l’urbanisation… ». Il faut y ajouter aujourd’hui le tourisme. Ces domaines intéressent le transport aérien. Chacun a sa part de responsabilité et son champ d’action. Le rapport annuel 2020 de l’Autorité s’attache à analyser les leviers sur lesquels les parties prenantes ont une influence[2].

Les effets sur la santé des nuisances liées au transport aérien sont désormais bien documentés[3]. La crise sanitaire actuelle ne questionne pas seulement les liens entre santé et environnement mais aussi notre capacité à anticiper les crises et mettre en œuvre tous les niveaux de réponses possibles prenant en compte les connaissances que nous avons sur l’impact sanitaire de ces nuisances. Il ne s’agit plus de se comparer aux autres, de calculer seulement si on est plus ou moins pollueur, mais d’agir chacun à son niveau dans une action collective et concertée de santé publique.

Dans quelle mesure la crise actuelle donnera-t-elle un coup d’accélérateur à ce processus ? En sortirons-nous avec un changement de paradigme qui mettra au cœur de nos engagements les questions de santé sans attendre d’y être contraints par de nouvelles crises sanitaires majeures ?

Continuer à diminuer les nuisances aéroportuaires est notre urgence pour tous, pour la santé des salariés et des riverains, pour l’environnement et le climat.

 

[1] Pour en savoir plus sur la Charte d’Ottawa, 1986 :

https://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0003/129675/Ottawa_Charter_F.pdf

 

 [3]Pour en savoir plus sur les effets des nuisances liées au transport aérien sur la santé :

  https://ec.europa.eu/info/events/noise-europe-2017-apr-24_en