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Édito

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Les épisodes de pollution aux particules de la fin février, sont venus rappeler la situation fragile de la France en matière de respect des normes de qualité de l’air, notamment relatives aux particules PM10 et au dioxyde d’azote (NO2). Même si les réductions des émissions des polluants primaires sont effectives, les concentrations de polluants dans l’air ambiant peuvent dépasser les valeurs limites et ces dernières sont loin des valeurs guides recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les conditions météorologiques particulièrement défavorables expliquent ces dépassements, mais c’est bien la réduction des émissions à toute échelle géographique (locale, nationale et internationale) qui permettra d’atteindre ces seuils. Les mesures d’urgence ont pu être activées dans plusieurs villes ou régions, comme la circulation différenciée, les dispositions prédéfinies pour les gros émetteurs industriels, l’interdiction d’épandage d’engrais sans dispositif d’enfouissement, etc.

Le secteur aérien participe aussi à cet effort. Ainsi les essais moteurs, les tours de piste pour entraînement ou autres dispositifs ont été interdits sur certaines plateformes.

Le Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PREPA) a été adopté en 2017. Une de ses caractéristiques est de mobiliser tous les secteurs. La loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) a fixé dans son articles 45 les réductions à réaliser par les activités directes et au sol des plateformes aéroportuaires (objectif de réduction de l'intensité en gaz à effet de serre et en polluants atmosphériques, par rapport à l'année 2010, de 10 % au moins en 2020 et de 20 % au moins en 2025).

Déjà très fortement engagée dans la protection de la santé et de l’environnement sur et autour des aéroports, l’Autorité entend, en 2019, renforcer son action en matière de qualité de l’air et gaz à effet de serre au travers de nombreux projets, en concertation avec les parties prenantes. Je pense notamment à la révision du guide de l’ACNUSA « qualité de l’air et aéroports », à l’accompagnement des aéroports ayant pris des engagements volontaire dans le cadre de l’Airport Carbon Accreditation et bien d’autres.

Enfin, à l’occasion des conclusions des Assises du Transport Aérien présentées le 8 mars dernier, Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, a mis l’accent sur la question de la transition écologique qu’elle a placé en tête des axes stratégiques du transport aérien.  Elle a rappelé que la prise en compte des enjeux environnementaux auxquels doit faire face le secteur est essentielle pour les années à venir, renforçant ainsi le rôle de l’ACNUSA.

J’ai rejoint le collège de l’ACNUSA en septembre 2018, en tant que personnalité compétente en matière d’émissions atmosphériques de l’aviation, en plus de mes activités de directrice adjointe du Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique (CITEPA). Participer à ces missions est passionnant et je suis convaincue que c’est par la qualité et l’implication de l’ensemble des membres du collège au contact des parties prenantes du secteur, ainsi que par l’appui des services de l’Autorité que nous parviendrons à mettre en œuvre des moyens forts pour réduire les nuisances aéroportuaires.

Paris, le 13 mars  2019

Nadine Allemand
Membre de l'Autorité