Acnusa
Augmenter la taille des polices Diminuer la taille des polices

Pollution atmosphérique et activités aéroportuaires

Accueil > La pollution de l'air > Pollution atmosphérique et activités aéroportuaires


Les zones aéroportuaires concentrent de nombreuses activités émettrices de polluants atmosphériques : non seulement le trafic aérien, mais aussi le trafic routier, les divers engins et véhicules de piste, les véhicules de transport en commun, les installations de chauffage, de climatisation et de production d’énergie, les ateliers de maintenance et encore bien d’autres sources.

IMPACTS DE L’ACTIVITE AEROPORTUAIRE

Impacts au niveau local et régional
La qualité de l’air est affectée localement par :
- les avions à l’atterrissage, au décollage, et lors du roulage au sol ;
- les activités aéroportuaires (centrale thermique, stockage de carburant,…) ;
- le trafic routier induit.

Impacts au niveau global
Au niveau de la planète, l’impact du trafic aérien a un effet à haute altitude. Celui-ci est une source de gaz à effet de serre (CO2, H2O…) contribuant ainsi au changement climatique.

LES SOURCES D’EMISSIONS POLLUANTES

 

L’ACNUSA a fait réaliser en 2011 une étude sur l’optimisation environnementale du roulage au sol des aéronefs sur les aéroports français.
En se fondant sur les inventaires d’émissions disponibles sur plusieurs plateformes, il a été possible d’identifier des tendances sur la contribution de chaque type de source hors trafic routier conduisant à la plateforme et APU.
Les aéronefs constituent la première source d’émissions locales sur les plateformes pour la plupart des polluants connaissant des niveaux d’émissions significatifs (oxydes d’azote NOx, dioxyde de carbone CO2, dioxyde de soufre SO2, monoxyde de carbone CO).

EMISSIONS DES AERONEFS

Concernant l’activité aérienne proprement dite, on distingue deux « phases » : le cycle LTO et la phase de croisière : 
-   le cycle LTO (Landing and Take-off) recouvre les phases d’approche, de roulage, de décollage et de montée, en dessous de 3000 pieds, soit 915m, et participe à la pollution locale ; 
-   la phase croisière recouvre l’ensemble du vol qui se déroule au-dessus de 3000 pieds et participe donc à la pollution planétaire émettant principalement les polluants dans les couches atmosphériques supérieurs.

 

Le tableau ci-dessous regroupe les principaux polluants émis par les aéronefs pendant les différentes phases (roulage au sol, décollage, montée, atterrissage, etc.).

Espèce émise Origine Impact
NOx Formés par oxydation de l'azote de l'air à température et pression élévées en sortie de chambre de combustion du moteur (décollage et montée) Impact local : participation à la formation d'ozone notamment et effet sur la santé
Impact global : participation à la formation/destruction d'ozone
CO Résulte de la combustion incompléte du kérosène, émis lorsque le moteur tourne au ralenti (stationnement et roulage au sol) Impact local : participation à la formation d'ozone notamment et effet sur la santé
Impact global : faible, effet indirect sur le forçage radiatif
HC Résultent de la combustion incomplète du kérosène, émis lorsque que le moteur tourne au ralenti (staionnement et roulage au sol) Impact local : participation à la formation d'ozone notamment et effet sur la santé
Impact global : participent aux réactions chimiques en haute atmosphère + pour le méthane - gaz à effets de serre
PM Résidus solides des gaz d'échappement Impact local : effet sur la santé
Impact global : participent aux réactions hétérogènes (destruction d'ozone) et au forçage radiatif
SO2 Résulte de l'oxydation du soufre contenu dans le kérosène lors de la combustion Impact local : effet sur la santé, formation d'acide sulfurique
Impact global : acidification de l'atmosphère, formation de particules

Les émissions des moteurs d’avions sont donc calculées à partir des facteurs d’émissions établis pour le cycle LTO « OACI ». En effet, chaque moteur d’aéronef dont la poussée nominale au décollage est supérieure à 26,7 kN et qui va entrer sur le marché subit des tests sur banc moteur afin de déterminer ces facteurs d’émissions et de vérifier que les moteurs respectent bien la réglementation en vigueur. Une base de données de l’OACI répertorie les facteurs de consommation et d’émissions (HC, CO, NOx et consommation de fuel) pour les quatre phases de « vol » dans la couche atmosphérique comprise entre 0 et 3 000 ft (915 m) : roulage, décollage, croisière et approche. A chaque phase est associé un régime moteur et sa durée (voir le tableau ci-dessous).

Phases du cycle LTO, durée et régime moteur associés :

Phases du cycle LTO

Durée (minutes)

Régime du moteur (%)

Approche

4

30

Roulage

26

7

Décollage

0,7

100

Montée

2,2

85

 

En fonction du régime moteur, les facteurs d’émissions en NOx, HC et CO vont varier (lors de la circulation au sol et au ralenti par exemple, les émissions en CO vont être plus importantes que lors des phases de décollage ou de montée – voir la figure ci-dessous).

 

Titre illustration
Description illustrationFacteurs d'émissions des NOx et CO en fonction du régime moteur (en %), IPCC, 1999 :