Publié le 30 mars 2026

Le Mot du Président - Avril 2026

Les communes proches des aéroports sont prises entre deux effets contradictoires : le premier, bénéfique potentiellement, est d’avoir un pôle économique porteur d’emplois directs et indirects, le second, négatif, est de subir des nuisances, notamment sonores et, ce que l’on dit moins, des fortes contraintes d’urbanisme.

Un aéroport peut ainsi dynamiser un territoire mais aussi le glacer et le stériliser. Il est donc essentiel que les maires disposent de mesures spécifiques pour faire évoluer leur habitat.

Avec bon sens la loi SRU avait exonéré des obligations dont elle est porteuse les zones sous PEB. Il était logique de ne pas ajouter des facteurs de paupérisation supplémentaires à des communes souvent défavorisées.

Mais un amendement à la loi dite 3DS a modifié l’article L.111-24 du code de l’urbanisme et a soumis ces communes à l’obligation de 25 % de logements sociaux, rendant l’équilibre économique des constructions neuves plus qu’incertain, les préfets utilisant peu leur pouvoir de dérogation. Il n’est pas juste de traiter de l’urbanisme de ces communes en oubliant la spécificité des nuisances aéroportuaires.

De façon plus large, il est frappant de constater le manque d’audace de la pensée politique et administrative française en matière d’aménagement du territoire, c’est-à-dire de planification de l’avenir.

Il est urgent d’intégrer la croissance des aéroports, indispensable à notre attractivité économique et touristique, dans une réflexion et une action globales en faveur des territoires dans lesquels ils s’insèrent. Politiques de l’emploi, de la formation, de l’urbanisme, de l’environnement doivent être coordonnées et le rôle des aéroports dans l’aménagement de leurs périphéries renforcé.