Publié le 27 juillet 2022 Modifié le 8 août 2022

Mission de l’ACNUSA sur l’aéroport Roland Garros de La Réunion

En application de sa recommandation à la ministre de la Transition écologique et solidaire et à la ministre des Outre-mer visant à « Engager pour les principaux aéroports ultra-marins des démarches volontaires d’approche équilibrée au sens du règlement (UE) n° 598/2014 » (demande 2020 n° 2), l’Autorité de contrôle s’attache à accompagner les opérateurs pour mettre en place des démarches équilibrées permettant de concilier les enjeux économiques et sociaux des territoires avec leurs enjeux sanitaires, environnementaux et climatiques.

Après avoir échangé avec les pouvoirs publics et les parties prenantes aux activités de l’aéroport Aimé Césaire en Martinique, l’Autorité de contrôle a réalisé, les 10 et 11 mai 2022, une mission sur l’aéroport Roland-Garros de La Réunion. Le rapport de cette mission relève un bon niveau d’engagement des acteurs de la communauté aéroportuaire locale, notamment de la société d’exploitation aéroportuaire et de la plupart des compagnies aériennes opérant à La Réunion pour concilier compétitivité et respect de l’environnement.

Tant en Martinique, qu’à La Réunion, l’Autorité de contrôle a pu constater la motivation de toutes les parties sollicitées pour agir de manière coordonnée afin d’obtenir des résultats mesurables et appréciables par les populations. La confiance des populations dans la capacité collective est nécessaire pour assurer une bonne desserte des territoires ultra-marins tout en réduisant les impacts négatifs du transport aérien pour la santé, l’environnement et le climat.

L’engagement de l’aéroport de La Réunion pour concilier le volet économique et le volet environnemental de son activité est exemplaire.

Les travaux récents ou en cours effectués par l’aéroport démontrent sa volonté de minimiser l’impact environnemental, tant au stade de leur exécution qu’au stade de l’exploitation de l’activité qu’ils permettront. Le prochain défi de l’aéroport sera d’investir dans les infrastructures électriques nécessaires coté piste pour permettre la décarbonation de la plupart des opérations au sol.

Le rapport relève que si la configuration même de l’aéroport, en bordure d’océan Indien, permet de limiter le nombre de personnes impactées par les nuisances générées au décollage et encore plus à l’atterrissage des avions, il pourrait se révéler opportun d’équiper trois endroits stratégiques de stations de mesure du bruit et de mesurer, tous les deux ou trois ans, le niveau d’émissions de polluants sur l’aéroport afin de surveiller les évolutions. Cela permettrait d’apprécier les résultats des actions engagées, d’orienter les investissements et d’objectiver les choix, notamment dans la recherche d’optimisation des procédures opérationnelles de navigation aérienne, la révision de certains documents d’urbanisme et la gestion des contraintes sur les territoires des communes les plus impactées, en particulier la commune de Sainte-Marie. Ces actions simples permettront aux acteurs locaux de disposer de données objectives (état des lieux sincère de la situation actuelle) permettant d’éclairer leurs choix pour des évolutions futures.

La communauté aéroportuaire, engagée dans une dynamique vertueuse visant à la durabilité de l’activité du transport aérien (santé, environnement, climat), pourrait également, en conformité avec le souhait des compagnies opérant sur l’aéroport Roland Garros, susciter des projets locaux éligibles aux financements que les compagnies aériennes doivent assurer pour compenser leurs émissions.

Enfin, les outils à la disposition du service de la navigation aérienne, permettant de suivre et contrôler la trajectoire des avions, pourraient être modernisés (notamment par l’acquisition d’un système d’enregistrement radar). Cette modernisation pourrait utilement accompagner la modernisation des procédures opérationnelles en vigueur sur l’aéroport, dans le cadre du passage obligatoire à une navigation satellitaire de précision (RNAV) avant 2030. A cette occasion, les volumes de protection environnementale associés aux procédures d’approche et de départ devraient être précisés (article L. 6361-1 du code des transports) afin de prévenir les risques de déviation en survol de zones agglomérées.

La mission conclut que les conditions permettant un développement durable de l’activité de transport aérien, selon une approche réellement équilibrée, apparaissent rassemblées à La Réunion.